Peut on prendre l’avion quand on souffre d’acouphènes ?
- Carole Cesson
- il y a 19 minutes
- 4 min de lecture

Mes conseils pour voyager sereinement malgré les troubles auditifs (acouphènes et hyperacousie)
Prendre l’avion est souvent synonyme de vacances, de changement d’air et de détente. Pourtant, pour de nombreuses personnes souffrant d’acouphènes ou d’hyperacousie, l’idée même d’un vol peut générer une appréhension importante.
Pression dans les oreilles, sensations de bouchon, aggravation des sifflements… Beaucoup de voyageurs décrivent des symptômes variables avant, pendant ou après un vol.
Mais faut-il pour autant éviter l’avion lorsqu’on souffre d’acouphènes ?
La réponse est non : dans la grande majorité des cas, prendre l’avion est possible, à condition de comprendre ce qu’il se passe dans l’oreille et d’adopter quelques stratégies simples et efficaces.
Comprendre ce qui se passe dans l’oreille en avion
La physiologie de la pression
Lors d’un vol, notamment au décollage et à l’atterrissage, la pression atmosphérique change rapidement. L’oreille moyenne doit alors s’adapter grâce à un petit canal : la trompe d’Eustache. Cette trompe permet d’équilibrer la pression entre :
l’extérieur (cabine de l’avion)
et l’intérieur de l’oreille moyenne
Quand cet équilibre ne se fait pas correctement, on peut ressentir :
oreille bouchée
sensation de pression
douleur
audition modifiée
parfois accentuation des acouphènes
Pourquoi les acouphènes peuvent sembler plus forts ?
Les acouphènes ne sont pas directement causés par l’avion, mais plusieurs facteurs peuvent les rendre plus perceptibles :
Le stress anticipatoire
L’anxiété augmente l’activité du système nerveux autonome, ce qui peut amplifier la perception des sons internes.
La fatigue
Le manque de sommeil ou le rythme du voyage augmente la sensibilité sensorielle.
L’environnement sonore
Le bruit constant de la cabine (70–85 dB) peut perturber le système auditif.
L’attention portée aux symptômes
Dans un environnement inhabituel, le cerveau filtre différemment les informations sensorielles.
Ce que dit la recherche scientifique
Plusieurs travaux en neurosciences auditives montrent que les acouphènes ne sont pas uniquement un problème de l’oreille, mais aussi de traitement central.
Langguth et al., 2013 (Journal of Neuroscience) : Les acouphènes impliquent une hyperactivité des réseaux neuronaux auditifs et limbique (émotionnel)
Eggermont & Roberts, 2015 : Le cerveau compense une baisse de stimulation auditive par une amplification interne du signal.
Cima et al., 2019 (The Lancet) : Les approches les plus efficaces associent prise en charge cognitive, émotionnelle et corporelle.
Cela explique pourquoi un contexte comme l’avion peut moduler la perception sans aggraver la pathologie elle-même.
Conseils pratiques pour prendre l’avion sereinement
Avant le vol
Dormir suffisamment les 48h avant le départ
Éviter café et excitants excessifs
Faire des exercices de respiration ou réecouter une séance de sophrologie spécifique acouphènes
Prévoir des bouchons d’oreille adaptés (filtrants, non isolants complets)
Anticiper le stress du voyage
La sophrologie peut ici jouer un rôle clé pour réduire l’activation du système nerveux.
Pendant le décollage et l’atterrissage
Ce sont les moments les plus sensibles.
Techniques utiles :
respiration lente et abdominale
bâillements volontaires
déglutition régulière
chewing-gum
Pendant le vol
éviter de rester en hypervigilance auditive, occupez-vous !
écouter une musique douce ou des sons neutres
pratiquer la cohérente cardiaque
relâcher la mâchoire et les épaules
hydratez- vous et évitez de consommer trop de sucre raffiné
Après le vol
hydratation importante
repos auditif relatif (sans surprotection excessive)
observation des symptômes sans focalisation anxieuse
Les erreurs fréquentes
Certaines attitudes peuvent paradoxalement augmenter la gêne :
porter des bouchons isolants en permanence (hyper-sensibilisation possible)
anticiper négativement le vol plusieurs jours avant est le meilleur moyen de faire l'hypervigilence
surveiller en continu ses acouphènes
éviter totalement les voyages par peur
Pourquoi un accompagnement spécifique acouphènes peut vous aider
Les acouphènes sont souvent liés à une interaction entre :
système auditif
système nerveux
stress
mémoire émotionnelle
Une approche globale permet de mieux vivre ces situations.
En tant que naturopathe, sophrologue spécialisée dans l’accompagnement des acouphènes, de l’hyperacousie et des troubles auditifs, et référente du Pôle Sophrologie et Acouphènes, j’accompagne régulièrement des personnes qui vivent ces difficultés avant ou après un voyage.
L’objectif n’est pas de “faire disparaître le symptôme”, mais de :
diminuer la charge émotionnelle
réduire l’hypervigilance auditive
améliorer la tolérance au bruit
retrouver de la sérénité dans les situations du quotidien, y compris les voyages
Consultations sur le Bassin d’Arcachon (La Teste-de-Buch) et en téléconsultation partout en France.
Prendre rendez-vous
Si vous appréhendez un voyage en avion ou si vos acouphènes se sont accentués dans ce contexte, un accompagnement personnalisé peut vous aider à mieux comprendre vos réactions et à les apaiser.
Vous pouvez prendre rendez-vous pour un accompagnement de sophrologie spécialisée ou un accompagnement global en naturopathie et sophrologie spécifique .
FAQ – Acouphènes et avion
Les acouphènes peuvent-ils augmenter après un vol ?
Oui, temporairement. Cela est souvent lié à la fatigue, au stress ou à la perception accrue du système auditif.
L’avion peut-il aggraver définitivement les acouphènes ?
Non, dans la majorité des cas. Le vol peut modifier temporairement la perception mais ne crée pas d’aggravation structurelle.
Pourquoi les acouphènes semblent-ils plus forts en avion ?
Faut-il porter des bouchons en avion ?
Oui, mais des bouchons filtrants adaptés sont préférables à une isolation totale.
Quand consulter après un vol ?
Si douleur, baisse auditive ou aggravation durable apparaissent, un avis ORL est recommandé.



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